jeudi 15 mars 2012

Une 32 poses

   J'appelle nos amis pour savoir leur programme du dimanche. Ils m'apprennent qu'on a changé d'heure cette nuit, on a perdu une heure de sommeil. Rrrr... Par la fenêtre, la météo annonce une belle journée, rendez-vous dans une demi-heure chez eux.

    Après une heure de route, les panneaux et la circulation nous indiquent que nous approchons de notre destination : Shipshewana, une ville amish.


   Nous traversons la rue principale qui possède plusieurs artères avec de nombreuses boutiques, restaurants, cafés... Enfin une vraie ville ! Le paysage est vallonné, les champs sont broutés par des moutons et des vaches... Enfin une belle campagne !
      Mais où est passée la population ?! Tout est fermé, pas un passant sur les trottoirs.

     Arrivés au bout de la ville, Diego fait demi-tour devant une maison. Stop ! Attendez-moi là ! Un panneau affiche qu'on peut acheter du cidre ici, dans cette ferme que je devine amish (je n'ai point de super pouvoir, seulement l'oeil : une carriole est garée un peu plus loin). Je dois descendre. Non pas que je sois intéressée par le cidre, mais ça me semble être le bon moyen de parler avec une famille amish. 

J'ai trouvé ce qu'il me faut pour mon tour du monde à vélo !
      Mélaine, Diego et Zeinab m'attendent dans la voiture, un peu surpris. Je fais un petit tour devant la propriété, personne. Je frappe à la porte. Un homme, jeune, longue barbe, coupe au bol, chemise en feutrine verte, pantalon bleu en feutrine tenu par une paire de bretelles, m'ouvre la porte. "Bonjour, je viens de voir votre panneau. Je souhaiterais vous acheter du cidre." Là, il faut m'imaginer avec le grand sourire. Il n'y a rien qui puisse me mettre plus en joie que de rencontrer des inconnus. Dans ces moments là, je ne sais pas pourquoi, mon anglais se fait très compréhensible. Malheureusement, il m'annonce que le dimanche il ne travaille pas et ne peut pas vendre ses produits. Ceci explique pourquoi le village est désert. "Merci quand même" Et je repars vers la voiture un peu déçue. 
     A peine ai-je claqué la porte que je le vois sortir de chez lui en chaussettes, se dirigeant vers nous. Ni une, ni deux, me voilà dehors, à sa hauteur. "Ouiiiiiiiiiiii ???" "Je ne peux pas vous vendre de cidre, mais je peux vous offrir des pommes" Yes, yes, yes, l'aventure commence ! Je me précipite vers la voiture et leur baragouine d'une voix toute excitée que le père de famille va me donner des pommes, qu'ils viennent avec moi. 

     Ses enfants nous rejoignent, il en a six (ce n'est pas surprenant, en moyenne les familles amish en ont huit). Les filles sont coiffés d'un foulard et portent une jupe. Elles sont toutes habillées pareil. Les garçons, quant à eux, sont habillés comme leur père. On se regarde, puis on commence à discuter. Je lui apprends que nous venons de France, que nous avons pris l'avion puis le train pour arriver dans l'Indiana. Il ne reconnait pas l'accent français (pas de télé, pas de radio dans ces communautés), il n'a jamais pris le train, encore moins l'avion. Les enfants vont dans une école privée. Intriguée par son Buggy, il me le montre et m'autorise à le prendre en photo. Par contre, les amish ne souhaitent pas être pris en photo, alors si vous en voyez, ce sera de dos. Nous discutons de sa ferme, des fermes françaises... Il possède six chevaux, deux pour son véhicule, quatre pour le travail aux champs. Il semble aussi intéressé que nous, je suis aux anges. Il nous offre une pomme chacun, et nous propose de revenir en semaine.

Buggy, transport traditionnel amish

   En chemin, Diego souhaite s'arrêter à l'un des nombreux élevages de boxers. Personne ne se présente.

Ce sont bien des moutons, les boxers étaient trop loin pour mon objectif.


    Petite balade en ville écourtée par la frustration de voir toutes ces boutiques et petits restaus fermés. Pour une fois qu'il y a un centre ville...


 


 
 

   Alors, on se dirige vers un étang.



 
Pour info, X ING signifie Cross ING : croisement.



Pour l'anecdote, un chien est assis à la place du conducteur, et un bruit de moteur nous interpelle. Le chien serait-il en train d'essayer de démarrer la voiture ??!! Non, son maître est là, caché, en train de bidouiller au niveau des pédales.








    Au cours de cette promenade, nous avons entendu puis observé un pivert sur une branche morte. C'est vraiment un drôle d'oiseau. Nous aurions pu vous montrer une vidéo si la caméra n'avait pas été en mode photo. Ce sera pour une prochaine fois, cet oiseau est très courant dans la région.
   Vers 14h, nous remontons en voiture. Et quelle surprise ! Nous croisons une dizaine de carrioles et de nombreux amish à pied.


 


    Ma pellicule est finie. C'est sur, nous reviendrons ! Mais pas un dimanche...


   Vers 15h, nous sommes de retour à South Bend. Nous choisissons un restaurant japonais pour se restaurer. L'heure ne choque personne, ici il n'y a pas d'heure pour manger. Ils y servent d'excellents sushis et aussi du riz accompagné de légumes sautés pas mauvais du tout. Par contre, il fait sombre, on voit à peine son assiette.
    En sortant, nous allons faire quelques achats au supermarché. 
    Diego nous propose ensuite de se retrouver devant son labo, pour une petite visite guidée de son élevage de moustiques. 

    21h, c'est l'heure d'une petite glace Ben and Jerry's assise devant mon épisode de Desperate Housewives. La journée est terminée.


Le ps de Mélaine : Voilà donc ce que nous avons fait le dimanche Babeth. Chez les Amish, tout est fermé le dimanche, mais partout ailleurs, les commerces sont ouverts. Le dimanche est un jour presque comme les autres aux USA. Petite particularité de l'Indiana, le jour du seigneur, il est interdit de vendre de l'Alcool.

13 commentaires:

  1. Il faut absolument y retourner en semaine.
    Superbe village !
    Mélaine arrête d’embêter ta tante ...

    Bisous,

    RépondreSupprimer
  2. Avec les amish on retourne 100ans en arriere, curieuse impression
    Bisou

    RépondreSupprimer
  3. Vos photos me rappellent l'Australie, un peu sauvage, déserté... j'aime bien. Mais après y vivre à la amish... en fait non.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Trop difficile pour nous !

      Fini les voyages à plus de 100km, fini les moyens de communication comme le téléphone, l'ordinateur, la radio, fini le pantalon en jeans (fini le pantalon tout court pour les filles)...

      Mais il y a du bon à prendre ! Comme rester en famille le dimanche et se reposer, privilégier la marche à pied, l'agriculture et les élevages locaux, refuser la sur-consommation...

      A chacun de trouver le bon équilibre ! :-) En tout cas, ça fait réfléchir et c'est déjà ça.

      Supprimer
    2. "Mais il y a du bon à prendre ! Comme rester en famille le dimanche et se reposer, privilégier la marche à pied, l'agriculture et les élevages locaux, refuser la sur-consommation...

      A chacun de trouver le bon équilibre ! :-) En tout cas, ça fait réfléchir et c'est déjà ça."
      oui Caro, je suis d'accord avec Toi
      Bisou

      Supprimer
  4. mais ils vont dans des ecoles rien qu'entre amish ou bien ils se mélangent de temps à la temps à la civilisation??

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ils vont dans des écoles privées, avec des enfants amish et un instituteur amish.

      Supprimer
  5. je suis souvent demandée, à l'heure ou certains ici en Europe commencent à penser décroissance, si finalement ces communautés dans le fond n'avaient pas raison de refuser "un progrès", fait de surconsommation. Sûr que je serai bien triste de ne plus courir le monde, mais en fait une fois que l'avion m'a posée quelque part je fais le reste à pied. un rythme de découverte qui me va bien. Ceci dit, plutôt sympa la rencontre. Il ne vend rien le dimanche mais peut offrir quelque chose, ça c'est chouette !
    bizz à tous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ils vivent cloîtrés, régis par un dogme religieux qui les éloigne des livres, des cinémas, des théâtres, de la musique (qui leur est carrément interdite, sous toute forme). Bref, privés de toutes sortes d'ouvertures sur le monde. Leurs seules productions artistiques : du patchwork.

      Vie de cons, les pieds dans la boue et la tête dans la bible.

      Supprimer
  6. Merci Mélaine de nous remettre dans la réalité .
    Bisous,

    RépondreSupprimer
  7. Moi, je préfère rêver et voir la vie du bon côté ! Notre rencontre était très agréable, leur ville très sympa (bien que dimanche), leur voiture bien jolie et leur mode de vie intéressant à découvrir.

    Certains paysans français ignorent la Culture et polluent nos campagnes, certains mecs passent leur vie à bosser en usine pour tuner leur voiture et regarder Loft Story sur un écran géant, certains riches ne pensent qu'à exploiter le peuple, alors...

    RépondreSupprimer