Ça a débuté comme ça, l'alarme du campus m'a réveillé ce matin, celle des tempêtes. Caroline déjeunait tranquillement, vu le temps dehors, ça ne pouvait qu'être un exercice. Je me suis préparé un petit sandwich, beurre de cacahuète et mousse de chamallow avec un peu de Nutella pour les vitamines.
L'exercice a duré un peu longtemps à mon goût et quand l'alarme s'est tue, c'est des bruits de foule, de feux d'artifice et de chants qui l'ont remplacée. On aurait dit l'Internationale ces chants, ça nous a fait rire. Nous n'étions au courant d'aucune fête ou manifestation sportive de grande ampleur à Notre Dame aujourd'hui.
Je descends voir de quoi il s'agit, j'ouvre la porte de notre bâtiment, sur le mur d'en face, un énorme graffiti baveux tracé à la va vite : "It's All Obama's Fault !" (tout est de la faute d'Obama !). Je vais pour m'approcher du mur, voir de plus près, mais un bruit monstrueux me fait lever les yeux, un énorme avion peint en rouge fait passer son ombre gigantesque sur le campus. Une trappe s'ouvre, un objet chute en sifflant et c'est le tonnerre, la terre tremble, je vacille, tombe. Une pluie de terre s'abat sur mon visage, quelques débris s'écrasent autour de moi, je me relève et évite de peu le cadavre sans tête d'un écureuil qui s'explose contre notre porte.
Je cours chercher Caro qui m'accueille en criant : "What the fuck !" Je sais pas quoi lui répondre... On allume la télé, une mire sur toute les chaînes sauf celle du télé achat où le présentateur propose des Ipads 2 à moitié prix, le pays va mal... Il faut qu'on se tire de là, vite. J'enfourne quelques objets de première nécessité dans mon sac, mon lecteur Mp3, mon chapeau, le pot de mousse de chamalow, vite, quoi d'autre, Caroline me suggère d'emporter une clé USB, bonne idée ! Aller on s'arrache.
Dehors c'est la panique, des étudiants courent dans tous les sens, certains blessés, d'autres armés de battes de base-ball. On ne sait quelle direction prendre. Un autre bombardier passe au dessus de nous et lâche ses cadeaux sur le stade qui semble très mal le prendre. Aller, on choisit de partir vers la bibliothèque et le Jésus géant, c'est le moment ou jamais d'avoir la foi. Certaines salles de classe sont en feu, la fumée trace de grandes déchirures noires dans le ciel et forme une brume irrespirable près du sol. Il nous faut pourtant passer à travers. Caroline trébuche sur quelque chose. C'est un grand Américain, de la race des joueurs de football, étendu sur le dos et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, il dort ?!? Non, il a une faucille plantée entre les deux yeux ! Bam ! Une ogive nous fait sursauter. Boum ! Une autre ! C'en est fini de notre dix sur dix à chaque oreille. On reprend notre course vers le sauveur, la fumée est de plus en plus épaisse, on ne voit plus grand chose et on va étouffer avant d'arriver ! Non ? Non ! Enfin, on y est, je saute dans le bassin qui fait face à la bibliothèque, me jette à plat ventre et crie à Guedine d'en faire de même. Où est l'eau ? Je pense un moment à un signe. J'hurle à Caroline " Il nous montre le chemin, Il a partagé l'eau en deux !" Elle me répond en criant, à plat ventre, les deux mains sur la tête : "T'es con c'est pas lui ça, c'est Moïse le truc avec la flotte, et le bassin est à sec depuis cet hiver, il n'a pas encore été rempli". Tant pis ! On rampe quelques mètres.
Enfin la bibliothèque apparaît sous nos yeux. Jésus n'est plus là ! La façade est entièrement peinte en rouge et des ouvriers sont en train d'y dessiner des étoiles jaunes. Une brigade de soldats communistes (car ce sont eux !) surveille les travaux, faucille à la ceinture. Un américain court dans notre direction en hurlant, c'est difficilement compréhensible "...social...Fox...nous avaient prévenu... stème de santé...". Le bataillon l'a repéré, les soldats lui jettent leur petit livre rouge, même lapidé, il continue sa course. Un gradé s'avance et lance le Capital qui touche le type en pleine tête, il s'écroule lamentablement, raide. Nous restons à couvert, le souffle coupé. Cinq, dix, trente minutes peut être. Puis un char ébranle le sol, il doit passer devant nous, obstruer le champ de vision des soviets, c'est notre chance ! Je fais signe à Caro, on se lève tout les deux en même temps, on s'enfuit ! Mais vers où ? J'ai une idée ! Jésus a faillit, il nous reste sa mère !
Je vous écris sur mon lecteur Mp3 depuis la grotte Notre Dame du Lac, située en face de l'étang. Le réseau Wifi fonctionne toujours et même si la réception est mauvaise dans la grotte, c'est suffisant pour accéder à facebook. Nous sommes là depuis quelques heures et nous sommes déjà à court de mousse de chamallow. Caroline m'inquiète, elle a faim, elle soutient que l'on peut manger les cierges. Remarquez il y en a plein, ça nous permettrait de tenir un bout de temps encore, ça et l'eau bénite.
Je vous tiens au courant camarades...
Je vous tiens au courant camarades...
Hou la vache ça ne rigole pas !
RépondreSupprimerIci la télé n'en a pas parlé, nul doute que les services spéciaux ont étouffé l'affaire pour n'alarmer personne. J'espère au moins qu'en ce début de mois, vous allez pouvoir pêcher du (gros) poisson dans la grotte....
Caroline est en train de sculpter un appeau dans un gros cierge.
SupprimerTenons bon, on gonfle le bateau pneumatique et on arrive .
RépondreSupprimerUtilisez la mousse de chamallow pour vous faire une fausse barbe, mélaine tu te mets torse nu et tu sors l'appli' pioche de ton androïde, si carro pouvait se mettre son portable en lampe frontale avec les élastiques de son slip vous pourrez atteindre l'aéroport en vous faisant passer pour des ouvriers innocents. Et si on vous demande quoi que ce soit chantez le chant des partisans avec l'accent russe. Que dieu vous protège !
RépondreSupprimerJ'apprends en ce moment même les paroles :
Supprimerhttp://www.youtube.com/watch?v=v3vHTCpIvtA
< a href="xxx.com"> texte < /a> tu enlève les espaces après les "<" et t'as la classe !!
SupprimerVous n'avez même pas de Dr Pepper? :'-(
RépondreSupprimerSi, j'ai trouvé la recette, en fait c'est juste de l'eau bénite avec un peu de noir de bougie.
SupprimerFlute on est déjà le 2...
RépondreSupprimerça c'est du récit !
Si l'écureuil sans tête est resté accroché à ta capuche, ça vous fera auy moins ça à grignoter ! Bon app ! et Couraaaage
RépondreSupprimer