L'université Notre Dame a son propre musée ! Et l'accès y est gratuit ! Le musée possède des objets datant d'avant Jésus Christ provenant de tribus mexicaines, des peintures du 18ème-19ème siècle... Ne l'ayant pas encore visité mais seulement parcouru, je ne peux pas vous en dire d'avantage sur ses collections. Cependant, il accueille en ce moment une exposition temporaire : l'exposition Dignité, droits humains et pauvreté, projet photographique d'Amnesty International et de l'Oeil Public (exposé en 2010 sur le parvis de l'Hôtel de Ville à Paris). Et j'y ai rencontré deux responsables fort sympathiques, dont une femme d'une soixantaine d'années parlant un bon français qui a été fille au pair à Toulouse pendant deux ans.
Julia, professeur de français à Notre Dame et avec qui je suis en cours, est très investie dans le département de langues et littératures de ND. Elle vient régulièrement en France. Elle a fait fille au pair dans les Alpes de Haute Provence, sa thèse à Nantes, un échange de plusieurs années à Angers, et coordonne des échanges avec l'université de Rennes. Son fils ainé étudie à Montpellier cette année. Et après sa visite de l'exposition citée ci-dessus, elle s'est dit pourquoi pas l'apporter à Notre Dame ! Après de multiples démarches, en voilà une partie au musée.
Un des photojournaliste, Johann Rousselot, est en visite pour toute la semaine sur le campus. Et ce soir, jeudi, une conférence est prévue entre Julia et lui. Mais avant cela, Julia nous a invité Zeinab, Camille (souvenez-vous, la première française que j'ai rencontré, avec qui je n'ai pas accroché... et bien c'est son étudiante ! C'est elle qui nous a mis en contact.) et moi, mais aussi Johann, Olivier Morel (un enseignant français à ND, qui a entre autre réalisé le documentaire : L'ame en sang, diffusé sur Arte cet automne) et une enseignante (canadienne) de littérature anglaise à manger chez elle et son mari (cuisinier à la retraite). Alors autant vous dire qu'avec un chef cuistot et tout ce beau monde, la soirée ne pouvait être qu'enrichissante !!
J'ai mené ma petite enquête sur la vie aux Etats-Unis, pour moi, mais aussi pour Odile et tous mes lecteurs (oui, oui, vous êtes nombreux ;)).
L'université est vraiment très bien entretenue et très bien achalandée : les salles de cours sont propres, le matériel y est neuf, un musée gratuit, plusieurs piscines, stades, salles de muscu avec un accès gratuit, des places pour des spectacles ou des matchs à prix réduits (voire gratuits), des profs très disponibles, des classes à petits effectifs, des budgets pour la recherche... parfait pour avoir un esprit sain dans un corps sain. Oui, mais à quel prix ??!! On se plaint souvent que le gouvernement français laisse partir les cerveaux pour les Etats-Unis. Alors comment font-ils ici pour avoir un tel budget pour la recherche ? Qui paye ?? Et bien c'est simple, ce sont les étudiants. Soit en faisant un emprunt (à 18-20 ans...), soit en étant né dans une "bonne" famille. Une année d'étude, ici à ND, coute 56 000$ (soit 42 140 euros). Pour être diplômé, il faut étudier 4 ans... Ce prix comprend les cours, le logement, la bouffe... c'est un tarif tout compris ! Contente d'être une invitée.
Un ingénieur ou un professeur ou un chercheur gagne vraiment mieux sa vie aux US qu'en France. Enfin sur le papier... car chaque mois, il faut économiser. Pas pour partir en vacances, puisqu'ils n'ont que deux semaines. Mais économiser pour la santé, économiser pour la scolarité de ses enfants, économiser pour sa retraite... Il n'y a pas de système de retraite ici, en général. L'université met un peu d'argent de côté pour ses employés mais vraiment pas suffisamment pour vivre, donc il faut aussi économiser de son côté. Mais prenons l'exemple d'une serveuse. Elle est payée uniquement au pourboire ! Ce qui explique leurs grands sourires, leur amabilité un peu lourde... Une serveuse ne reçoit pas assez d'argent pour économiser (je serais plus généreuse dorénavant). Ses enfants n'ont aucune chance de faire des études et elle a de fortes chances de travailler à 70 ans au marché...
Pour palier à ces soucis d'argent, dès qu'ils le peuvent, les américains achètent des actions. Au lieu de recevoir un billet de leurs grands parents, les enfants reçoivent une action ! Ainsi, le fils de Julia, 16 ans, est déjà un bon parti (d'après elle). Il vaut 30 000$, grâce à ses actions chez Mcdo.
Julia habite une grande maison à South Bend, proche du centre ville et du campus. Contrairement aux médecins, elle n'a pas choisi d'être parquée dans un lotissement pour riche, là-bas, dans la banlieue de la ville. Non, elle préfère vivre en ville, quitte à habiter à deux rues des noirs, de la pauvreté. Son quartier est habité par des architectes, des professeurs de l'université, des gens de gauche. Elle soutient sa ville, elle ne veut pas que cela devienne un ghetto. Et puis, elle a un labrador. Elle ne craint rien.
Étant bénévole dans une association scolaire, elle est "tutrice" depuis quatre ans d'une petite de douze ans maintenant. Une petite noire dont les parents souffrent de la crise. Un père sans boulot, une mère avec deux ou trois emplois. Elles prennent le déjeuner ensemble tous les vendredis, au collège. Julia écoute surtout. Oui, ça va très vite. La pause déjeuner n'est seulement de vingt minutes ! L'école commence à 7h45 et finit à 15h, heure à laquelle les enfants allaient aider dans les champs. L'heure n'a pas changé depuis. Les enfants des quartiers pauvres se retrouvent donc souvent seuls chez eux, avec rien à faire... Cette petite a souvent mal au ventre. Faute de moyen, elle ne va pas chez le médecin. Et quand ça devient plus possible, elle va aux urgences. Les riches, eux, ne vont jamais aux urgences. Si il y a urgence, ils prennent rendez-vous chez le médecin. Les urgences, c'est vraiment pour les urgences ! Il n'y a que les pauvres qui vont aux urgences.
Voilà un tableau bien noir des Etats-Unis... Mais il y aussi des choses formidables. Et puis, on voit la misère à l'étranger, mais c'est parfois pas beaucoup mieux chez nous.
Nous avons aussi écouté de la musique des années Yéyé et mangé un délicieux repas. Une entrée avec des tranches d'avocats, des radis coupés en rondelles, et des petites tranches de tomates avec une délicieuse vinaigrette, très bien assaisonnée. Puis des légumes : asperges, carottes, navets, fenouil, poireaux, avec une très bonne sauce et une belle présentation. Puis des produits de la mer : crevettes grillées (humm, excellent !), poisson, fruits de mer dont je ne connais pas le nom, accompagnés de polenta. Tous cela avec du pain fait maison, au sésame. Très bon aussi ! Et en dessert, de la glace maison, citron ou pistache (ou une boule de chaque pour les gourmandes).
J'ai aussi échangé avec le photographe et discuté des différences de vocabulaire entre les US ou la France et le Canada. Vraiment très intéressant. On a bien rigolé aussi. Il parait que l'anglais du Canada est un anglais parfait, avec un accent parfait... Pas comme le français ;)
23h, il est temps de rentrer. J'ai passé un excellent moment.
PS : Mélaine arrive dans une semaine !!!
Wahoo! Impressionant le coût de la vie, quand finalement il faut tout payer. par exemple, ma formation (bac pro technicien du spectacle) coûte 16000 Euros pour 1 an; Mais bien heureusement c'est pris en charge par la région, et en plus on est rémunéré parce qu'on ne peut pas travailler (légalement surtout). Pour les USA, pas de surprise, vaut mieux être riche, et pouvoir le rester pour vivre sans inquiétude.
RépondreSupprimerEn temps qu'invitée, profite-en!
Et bien tu en fais des choses !!! ça a l'air chouette ta vie aux état unis : cool !
RépondreSupprimerMerci caro de cette description, ça n'a pas l'air facile tous les jours... ça aide à relativiser nos problèmes en France.
RépondreSupprimerJ'ai raté quelques jours de ton blog, vite je file lire la suite. Bisous
O-
Merci Caro, super intéressant
RépondreSupprimerquelle chance d'être invitée ! (enfin tu y es pour beaucoup) alors profites en bien
Bisou